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26 décembre 04, Tsunami
en Asie du Sud-est
Le lendemain de Noël, un terrible tremblement de
terre dans le Sud-est asiatique à créer un immense raz
de marée.
A l'heure où j'écris cela, plus de 150'000 personnes
ont perdu la vie en Asie. Un tremblement de terre d'une
force de 9 sur l'échelle de Richter au large de Sumatra
à fait s'élever les eaux, créant une vague de 10m dans
certains lieu. Les pays les plus touché sont, la
Malaisie, l'Indonésie, la Thaïlande, le Sri Lanka et
l'Inde. La vague toucha tout de même la Somalie y tuant
plus d'une centaine de personnes.
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Photos
Les photos sont prises par Melody le 27.12.04 proche de
l'embarcadère. A l'exception des deux premières qui ont
été prises le 26 du point de vue où beaucoup de gens et
nous même, avons passé la nuit.









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Melody et moi
Si vous avez un peu lu ce site, vous devez
savoir que Melody et moi même étions en Thaïlande
ce 26 décembre. Nous étions sur l'île de Koh
PhiPhi au large de Phuket et Krabi. La vague nous
est arrivé dessus, rasant presque complètement la
partie habité de l'île. Nous y avons survécu par
chance. Mais nombreux sont ceux qui n'ont pas eu
cette chance. Nous avons vu des choses horribles.
Sous les conseils de plusieurs
personnes, nous avons écrit comment nous avons
vécu cette journée. Vous pouvez lire cela
ci-dessous, ou téléchargé les fichiers Word pour
le lire plus tard si vous le souhaitez.
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Melody raconte
Dimanche 26 décembre
2004,
Du bruit me réveille,
c’est les femmes de ménages qui attendent que je me lève
pour venir nettoyer le bungalow. Je regarde ma montre,
il est 10h30. Gael n’est plus là, il s’est levé plus tôt
pour aller travailler. Alors je finis par me lever, de
toute façon il fait trop chaud dans le bungalow pour
continuer à dormir. Je me mets en maillot de bain et
prépares mon sac pour la plage ; crème solaire, linge,
natte de plage,manuel théorique de plongée,oui ok tout y
est. Ah, une coupure d’électricité, oui bon c’est pas
grave ça arrive fréquemment sur Phi Phi, et de toute
façon je m’envais à la plage…
Je sors du bungalow,
je vois pleins de gens qui courent dans la même
direction en criant et pleurant. Je ne comprends pas ce
qui se passe, mais j’entend un fort bruit d’eau, alors
je crois comprendre qu’un des réservoirs d’eau qui se
trouve près de chez nous s’en cassé ou quelque chose du
genre. Je demande aussitôt à la première personne qui
passe : « What’s the problem !? », tout ce qu’il arrive
à me répondre en continuant sa course c’est : « come !
come ! ». Alors je me mets moi aussi à courir, je ne
sais pas ou on va mais je les suis. Avant d’emprunter le
chemin qui mène en haut d’une colline, j’arrive enfin à
savoir que beaucoup d’eau arrive depuis la mer. Entre
temps pleins d’autre gens nous ont rejoins de toutes
parts, parmis eux un jeune couple qui m’explique plus
clairement ce qui est en train de ce passer. Ils étaient
en train de prendre le petit déjeuner sur la plage,
quand ils ont vu au loin une vague. Elle leurs semblait
petite, mais à mesure qu’elle avançant elle prenait
sérieusement de l’importance, alors ils ont fuit avec la
masse des gens qui ont compris que cette vague leurs
arrivait droit dessus.
On est arrivé en haut,
et de là haut je vois ce qui se passe, je n’arrive pas à
y croire, la vague tape de plein fouet sur les côtes,
des deux côtés de l’île en détruisant tout sur son
passage. Tout le monde qui est autours de moi est choqué
et se demande qu’est-ce qui se passe, d’où viens cette
vague ? Comment est-ce possible une telle puissance ?
Je m’inquiète pour
Gael, je ne sais pas ou il est. Ce matin il devait aller
plonger à la plage avec des débutants. J’essaie de me
rassurer en me disant que s’il était sous l’eau, il
devrait s’en tirer avec tout son équipement de plongée.
Il ne faut pas que je panique.
En se retirant, la
vague emporte des tas de choses avec elle ; des meubles,
des matériaux, des valises, des toits… A côté de moi il
y a ce couple, je me dis qu’eux au moins ils sont
ensemble, moi je suis seule. Soudain on voit une
deuxième vague arriver, aussi grande que la première.
Elle, elle finis ce que l’autre à commencé, elle détruit
tout ce qui avait réussi à se maintenir plus ou moins
debout. C’est affolant, les gens autours de moi
pleurent, et moi je ne vois toujours pas arriver Gael.
J’explique à ce couple de suédois que je ne sais pas ou
est mon copain, ils me réconfortent comme ils peuvent.
J’essaie d’emprunter un portable pour l’appeler, mais
n’y a aucune tonalité. Au club non plus, personne ne
répond, c’est mauvais signe, je craque…
On est là, on attend
de savoir ce qu’on va faire, rien ne se passe, j’entends
dire que ce serait la cause d’un tremblement de terre du
côté de Phuket.
Voilà 1h30 que je suis
là à attendre. Enfin, il est là, je le vois, il me
cherche du regard, mon Dieu, merci, il est vivant ! Il
saigne sur le torse, il me raconte comment il a fait
pour arriver jusqu’à moi. Il me dit qu’en bas, il a vu
beaucoup de morts….C’est horrible, je n’arrive pas à
croire tout ce qui ce passe, j’ai peur. Un peu plus
tard on se décide à vite redescendre chercher nos
passeports au bungalow. En bas du chemin je vois une
charrette, des corps sont étendus dedans, je me sens
mal. Je dois passer à côtés d’eux, mais je me retiens de
pleurer, on dois faire vite il y aura peut-être une
autre vague. Arrivé au bungalow, je profite pour prendre
tous les médicaments que j’ai qui pourrait être utile
aux blessés, des couvertures aussi.
On remonte, sur le
chemin on croise une jeune femme thaïlandaise en état de
choc, elle est gravement blessée, ses deux petits
enfants pleurent à côté d’elle. On les aide à monter. En
haut, il y a encore plus de monde qu’avant, dans une
cahute s’est organisée un hôpital et tout le monde
rassemble ce qu’il a pour faire les premiers soins.
Il est 17 h, et les
blessés ne cesse d’être remontés. J’ai faim, je n’ai
rien mangé de la journée alors je bois de l’eau. La nuit
va bientôt tomber, on comprend tous qu’il va falloir
passer la nuit dans la forêt, alors tout le monde
commence à s’organiser. On partage notre couverture avec
Joanna et Johan, le couple de suédois. J’ai de plus en
plus faim, j’ai vu des gens redescendre à la recherche
de nourriture mais il n’y en a pas assez pour tout le
monde. Je suis à bout de force, je scrute le sol et je
réussis à trouver un paquet de petits pois séché que je
partage avec Gael et les autres. J’essaie de trouver un
téléphone portable. Une jeune femme me prête le siens,
mais la communication ne passe pas, j’essaie des
dizaines de fois…
La nuit est tombée et
nous nous sommes installé pour dormir. Joanna et Johan
ont eux aussi récupéré leurs affaires, et avec de la
chance ils ont quatre sacs de couchage en satin, ça va
nous protéger des insectes. On est tous très inquiet,
mais on essaie de ne pas le montrer, alors on essaie de
plaisanter un peu. L’ambiance est étrange, on est si
nombreux sur ce sommet, que c’est presque « convivial »,
tout le monde s’entraide. On somnole un peu, puis on se
réveille, on tend l’oreille à l’affût de toutes
nouvelles informations. Je n’arrive pas à trouver le
sommeil alors que je suis totalement épuisée. Joanna non
plus ne dors pas, je le vois bien, elle est très
inquiète. Le temps ne passe pas, c’est angoissant, j’ai
l’impression que cette nuit est interminable, et j’ai
toujours faim. Joanna m’encourage à trouver quelque
chose à manger, alors elle m’accompagne demander aux
gens si ils n’ont pas quelques chose à partager. Pour
finir on trouve deux paquets de nouilles instantanées,
j’ai tellement faim que je les mange diluée à l’eau
minérale, c’est fou comme ça fait du bien. On se
rendort, enfin…. Les gens s’agitent autours de nous, le
soleil commence à se lever.
On se concerte pour
savoir ce qu’on va faire, tout ce qu’on a entendu dire
c’est qu’un bateau de l’armée allait venir ce matin pour
évacuer l’île. Où et quand, ça c’est un mystère… On se
décide à descendre. Joanna et Joan nous accompagne à
notre bungalow récupérer nos valises. On croise les
doigts pour qu’elles n’aie pas été volées, mais en même
temps on s’en fiche, ce n’est que du matériel. Tout y
est, on allège comme on peut. Maintenant on les
accompagne à leurs bungalow, ils espèrent retrouver
leurs passeports dans le safety box de l’hôtel. Sur le
chemin qui mène à leurs hôtel (au bord de la plage),
tout parait incroyable, des milliers de débris de tout
genre jonchent le chemin. Ces chemins que j’ai empruntés
tant de fois auparavant, ne ressemble pas à mes
souvenirs. Je me sens comme perdue. Ils n’ont pas
retrouvé leurs passeports, alors on se dirige vers le
port.
C’est un parcours
impossible, car le chemin est coupé, on doit passer par
la plage. J’évite de regarder en détail autours de moi,
j’ai peur de voir des choses que je ne veux pas voir,
mais inévitablement mon regard se pose sur ces corps
étendus…C’est une sensation horrible qui me traverse. Je
suis terriblement triste. Ces gens je les ai peut-être
déjà croisé une fois ou l’autre, cette île est si
petite… Gael et moi, on va vite au club. Robert est là,
il constate les dégâts, il est heureux de nous voir. On
lui explique qu’on va Bangkok quelques jours, mais
qu’on aimerait bien revenir plus tard pour aider à
reconstruire. On prend des nouvelles des gens qu’on
connaît, heureusement tout le monde va bien. On va
récupérer notre équipement de plongée, et on s’en va. On
rejoint Joanna et Joan sur le ponton. L’ambiance est
folle, tout le monde veut rentrer chez eux, ils crient,
poussent, c’est la cohue pour embarquer sur les bateaux.
Il y a tellement de monde que le ponton se fissure. Il
fait horriblement chaud, il n’y a pas d’ombre. On a
perdu de vue nos amis suédois, sans doute ont-ils réussi
à monter sur un bateau pour Krabi. Nous on arrive pas,
nos valises sont des fardeaux on se fait passer
par-dessus comme si on était des insectes. Un homme
m’offre un œuf dur que je partage avec Gael. Derrière
moi, il y a une famille européenne, ils sont à bout de
nerfs, le père veut jeter mes valises à la mer. Je suis
mal à l’aise d’avoir toutes mes affaires, mais il
fallait quand même bien que je le prenne les ayant
retrouvées non ? Les gens sont agressifs, c’est très dur
à supporter, tout est dur pour tout le monde, pourquoi
l’amplifier par l’agressivité, vraiment je n’arrive pas
à comprendre…
On aimerait aller à
Krabi, mais les bateaux ne s’organise pas, une fois le
bateau pour Krabi va à droite du ponton, puis le suivant
à gauche, alors on change sans cesse de côté et le temps
qu’on atteigne le côté opposé, le bateau est déjà plein.
Le temps passe terriblement lentement, on est à bout de
force… Spontanément trois gars nous aide à porter nos
valises, on fait connaissance. Ils nous racontent qu’ils
ont tout perdu. L’un d’eux plaisante en disant que tout
ce qui lui reste c’est la clé de son bungalow !....
C’est terrible, ils ont perdu deux de leurs amis. Quand
c’est arrivé ils étaient tous sur la plage, depuis plus
de nouvelles. Ils veulent aller à l’hôpital de Krabi
voir si ils ont été évacué là-bas.
Enfin, quatre heures
plus tard on réussit à monter sur un bateau. Nous nous
éloignons de l’île, j’ai le cœur gros… Je sais que nous
allons revenir pour les aider, mais la vue que j’ai du
large est bouleversante…rien n’est plus comme avant. Je
tombe de sommeil. Je me réveil, on est presque arrivé,
je vois la côte. On approche, le ponton est rempli de
monde, pour la plupart des médecins. Le bateau met du
temps à accoster. Les photographes sont déjà prêts, ils
n’attendent plus que de capturer les images « choc »,
cette idée me déchire.
On sort du bateau,
aussitôt on est ausculté de la tête aux pieds. Gael va
soigner ses plaies, moi je l’attends. Jamais, non jamais
je ne pourrais oublier ce que je vois. Un bateau de
l’armée vient d’arriver, ils les déchargent…des corps,
que des corps… Ils sont recouverts par des draps blancs,
mais je le vois bien, il y a tellement d’enfants, des
bébés…. C’est épouvantable. J’essaie de rester forte,
mais je n’arrive pas, c’est trop dur. Gael me rejoint,
puis les trois autres gars. Je craque, je pleure de tout
mon cœur pour tout ces gens qui n’ont pas eut la chance
que j’ai eue. Je me dis que c’est injuste, pourquoi
sont-ils mort et moi pas ? Une infirmière vient vers
moi, et me demande si ça va. Elle essaie de nous
réconforter, et nous explique les procédures qui s’offre
à nous. Alors on s’éloigne. Il y a des gens des deux
côtés du ponton, ils se couvrent le nez, car devant et
derrière nous ils y a des cadavres qui sont évacués.
C’est une sensation horrible, je sens la mort. Il y a
une douce brise du large, elle est douce sur mon visage,
elle m’apaise… Les gens nous regardent, nous
photographient. Je suis dans un état second, je n’arrive
plus à réfléchir.
Voilà, nos chemin se
séparent, eux (les trois hommes qui nous ont aidé à
porter nos valises), ils vont à l’hôpital, nous nous
allons à l’aéroport. On les remercie infiniment. On se
souhaite bonne chance… Je me dis que c’est dommage de
rencontrer des gens bien comme eux uniquement à cause de
cette catastrophe.
On monte dans le bus,
on nous a expliqué qu’un accueil est prévu à l’aéroport
pour les gens « comme nous ». On nous dit aussi que les
billets d’avion pour Bangkok sont gratuits. Sur le
trajet pour l’aéroport, on passe devant l’hôpital, ici
aussi c’est la folie, les gens se pressent tous pour
regarder ces immenses panneaux blancs recouverts de
photos… Nous arrivons enfin à l’aéroport, nous nous
renseignons, et pour nous il n’en n’est rien des billets
gratuits pour Bangkok, car nous avons nos passeports !
Il va donc falloir retirer de l’argent pour payer nos
billets… Ils nous distribuent de la nourriture. J’ai
terriblement faim mais je n’arrive pas à manger, je me
sens nauséeuse. On essaie de téléphoner, mais c’est
impossible entre les combinés qui ne fonctionnent pas,
et les autres qui demandent une carte téléphonique
spéciale. Pour finir, on va demander aux autorités qui
sont sur place si ils peuvent nous prêter un téléphone.
J’atteins ma maman, elle est soulagée de m’entendre,
moi aussi. Pendant tout ce temps ou on a essayé de
téléphoner, je m’imaginais bien que là-bas en Suisse ils
devaient se faire énormément de soucis. J’appelle mon
père aussi, qui m’explique qu ils ont remué ciel et
terre pour essayer de savoir si nous étions toujours
vivants…
Nous attendons
l’avion. La salle d’embarquement est bondée de gens qui
ont survécu au tsunami, certain sont vraiment dans un
mauvais état. L’un me raconte qu’il était sur la plage
lorsque la vague est arrivée. C’est une atmosphère
étrange qu’il y a dans cet aéroport, on a tous l’air de
morts-vivants. On est tous très fatigué et impatient que
tout se termine. Certain ont leurs habits tous déchirés.
Il y a deux télévisions dans la salle d’attente branchée
sur CNN, on comprend enfin l’ampleur des dégâts. Je
n’arrive toujours pas à croire que nous nous en sommes
sortit de cet enfer tout les deux. Je n’ose même pas à
imaginer cet que j’aurais vécu si j’avais perdu Gael…
Tout traîne en longueur, l’avion a du retard, je
commence à perdre patience, c’est trop dur à supporter
cette ambiance. Enfin, on nous fait signe qu’il est
temps d’embarquer. Il fait nuit.
Nous montons dans
l’avion. Les hôtesses de l’air n’ont pas perdu leurs
sourires figés. Je trouve ça presque choquant. J’ai
l’impression de ne pas avoir vu un sourire depuis des
années. Nous nous installons. Je ne vois pas le vol
passer, je m’endors rapidement. On est arrivé à Bangkok,
j’espère que les choses se dérouleront un peu plus vite.
On nous amène dans un hall prévu pour les victimes.
Toutes les ambassades sont représentée, des dizaines de
gens font la queue aux guichets. D’autres sont au
téléphone, ils pleurent, ils s’énervent, ils crient…
C’est affolant ! Nous voulons sortir de là. On ne sais
pas où sont nos valises. Je me renseigne, on m’indique
une direction. Je vois un tas de valises parterre, tout
le monde se jette dessus pour récupérer ses affaires. On
a trouvé les nôtres. On s’embarque dans un bus pour
aller à la sortie de l’aéroport. Gael s’est arrangé avec
sa maman pour que son patron qui habite à Bangkok nous
héberge. Le tout maintenant c’est d’y aller. Il nous
faut un taxi. Je ne peux pas le croire, il y une file de
gens d’au moins 20 mètre qui attendent un taxi. Il est
minuit et demi. J’ai sans cesses des flashs back de ce
que j’ai vu ces dernières 24 heures, je ne peux pas
m’empêcher de pleurer…
On monte enfin dans ce
fichu taxi, heureusement on est tombé sur un chauffeur
sympa. Il nous demande d’où on vient, je lui dis de Phi
Phi, aussitôt il change d’expression. Il n’arrête pas de
nous répéter qu’on est vraiment chanceux. Je me dis : JE
LE SAIS !!! C’est justement ce qui est dur à accepter.
Il essaie de nous raconter ce qu’il a entendu aux
nouvelles à ce sujet.
D’un côté je suis
intéressée de savoir ce que le gouvernement thaïlandais
va faire, d’un autre côté je ne veux plus rien entendre
de cette tragédie pour aujourd’hui…
On est arrivé. Il nous
dépose au pied d’une immense tour. Le patron, M.Cohen, a
dit à Gael qu’il fallait l’appeler sur son portable dès
qu’on arrive. Alors on va à la réception, on explique
qu’on aimerait appeler cette personne. Elle nous compose
le numéro, pas de réponse. On essaie à nouveau plusieurs
fois, mais rien. Je deviens irritable. Je sais que je ne
devrais pas, mais je tombe de fatigue, et la seule idée
que j’ai en tête c’est dormir ! Gael décide de contacter
sa mère pour voir si elle peut faire quelque chose. Un
peu plus tard elle nous rappelle, il va descendre nous
chercher. On devine que c’est lui, il nous accueille, on
lui raconte en gros ce qui nous est arrivé. Pendant ce
temps il nous emmène dans un appartement dans lequel on
nous met à disposition une chambre. On le remercie. Il
nous quitte.
Nous nous couchons la
tête remplie d’images.
Le 9 janvier 2005
Voilà exactement deux
semaines que ça s’est passé. Je n’arrive toujours pas à
chasser de mes pensée ce que j’ai vu et vécu. Les
cauchemars hantent de plus en plus mon sommeil, à tel
point que j’ai peur de m’endormir. Mais le plus pénible,
c’est de vivre avec ce sentiment de culpabilité que je
ressens depuis le début.
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Gaël raconte
Dimanche 26 décembre.
Il était 9h10 quand le réveil se mit à sonner. Je me
suis réveillé et me suis préparé pour aller au club de
plongée, qui se trouve à dix mètres de la plage où
j’avais rendez-vous pour 9h30. En passant devant le
bungalow de Fabrice, mon instructeur, je vois que
celui-ci était encore dedans à ses chaussures devant sa
porte. Je me suis donc dit qu’il avait peut-être fait la
fête et qu’il dormait encore. J’ai donc décidé de
frapper à sa porte, car cela lui était déjà arrivé
d’arriver en retard. À se moment il sorti. On a donc
continué la route ensemble jusqu’à ce que Marta, une
polonaise parlant français et qui travaille dans un
centre de varappe nous rejoigne sur le chemin, j’avais
prit mon bonnet de père Noël, elle m’avait demandé la
veille de le lui prêter pour faire des photos sur une
paroi. Un petit arrêt rapide pour un « thai pancake »
pour le petit déjeuner et nous voila reparti.
Fabrice me dit que c’est la première fois qu’il n’a pas
vraiment envie de voir ses clients, ils avaient annulé
le cours de la veille, je crois qu’il avait un peu peur
que le cours soit difficile avec eux. Chose vrai, car le
mari après avoir faillit se noyer il y a dix ans avait
réussi à de nouveau entrer dans l’eau que depuis deux
ans, et la femme, elle, s’était presque noyée quelque
jours auparavant ayant été oubliée sur un site de
snorkeling. Mais ayant les deux maintenant peur de
l’eau, le couple était motivé pour passer leur premier
brevet de plongée.
Je me rappel que le couple était déjà au club lors de
notre arrivé à 9h30. Fabrice me présente et leur
explique que je suis le cours de divemaster et que donc
j’allais l’assister pour ce cours. Présentation faite,
nous sommes monté au premier qui sert à la fois de bar
pour se décontracter après les plongées en visionnant la
vidéo du jour et de lieu de cours avant que les
plongeurs reviennent. Fabrice leur explique donc comment
le cours va se passer et leur remet le premier
questionnaire du cours open water. Une fois fini il a
commencé à le corriger en expliquant bien leurs fautes.
Il avait presque fini lorsque l’on a commencé à entendre
plein de cris. Je crois que l’on a bien mis une minute
avant de se demander ce qui se passait réellement. La
femme demanda à Fabrice si nous devions fuir. Nous avons
prit ce que nous avions à ce moment avec nous et sommes
descendu encore calmement, ne sachant toujours pas ce
qui se passait. Les gens courraient et hurlaient. Des
thaïlandais nous prirent même par les bras nous
demandant de courir et fuir. Le couple avait déjà prit
la fuite. Fabrice et moi avons couru quelques dizaines
de mètres et nous sommes arrêté. Je me souviens de
regarder vers la plage et de voir un « longtails » qui
tournait à une drôle de hauteur. Fabrice m’a alors dit
voir une grosse vague arriver vers nous en même temps
que l’on entendait un bruit sourd. Il me demanda alors
de courir me tirant par le bras. Je crois lui avoir dit
que je pensais qu’il y avait du y avoir une secousse
dans le coin. Nous avons couru jusqu’à la nouvelle
partie du village de Tonsai, une partie encore en
construction où les bâtiments sont d’une construction
encore solide, mais surtout où il y a aussi un premier
étage. Nous nous sommes faufilés dans une petite ruelle,
pas plus large que moi et sommes monté dans un de ces
bâtiments loin d’être fini. Une fois là-haut l’eau
commençait déjà à monter. Il devait déjà y avoir un
mètre. L’eau était boueuse. Les gens criaient et se
faisaient emporter. Nous leur criâmes de nous rejoindre,
certains nous entendirent et réussir à monter. Il y
avait bien deux mètres l’eau. Je me retournait s’en
arrêt et je ne voyais pas plus de monde arriver. Nous
devions n’être que dix dans ce bâtiment. Une femme
criait, ses deux enfants dans ce bras. En face de nous
se trouvait un chantier, séparé de la rue par des tôles.
Un homme et une femme s’accrochaient du côté des travaux
au haut de ces tôles. Soudain un autre homme percuta
l’opposé ce celle-ci. Le sang recouvrait son visage.
Mais il se fit de nouveau emporter par l’eau. De la haut
je pensais à Melody, j’espérais qu’elle n’était pas
encore aller à la plage. Au bout de 5 minutes, je crois,
l’eau a commencé à baisser. Fabrice me tend sa sacoche
contenant son détenteur et me dit d’aller voir Melody
pendant que lui allait essayer d’aider. La femme qui
avait ses deux enfants essaya de nous retenir mais nous
y sommes quand même allé. En bas du bâtiment, je me
souviens avoir marché dans un trou, m’égratignant
légèrement une jambe et perdant presque une tong, sur
ce, pour pas les perdre, je me suis décidé de les garder
à la main. La petite ruelle empruntée auparavant était
bloquée par une tôle, mais Fabrice réussi à l’enlever,
il m’a dit espérer que l’eau se dissipe rapidement, ce
qu’elle avait l’air de faire. Nous avions encore de
l’eau jusqu'à la taille. L’eau était très sale, brune et
sentait le pétrole ou quelque chose de semblable. Il
prit la direction du club quant à moi l’opposée. Je
devais traverser tout le village pour retourner au
bungalow voir si Melody allait bien. Je m’encoublais à
chaque pas, ne voyant rien de ce qu’il y avait dans
l’eau. Les gens criaient toujours, mais ils ne
semblaient que légèrement blessé. Mais dés que je suis
sorti de la zone de construction « solide » ce fut le
choc. Tout était détruit. Ma peur que Melody soit blessé
grandit, je voulais donc me dépêcher de la rejoindre,
souhaitant de tout mon cœur qu’elle aille bien. Une
Guesthouse était encore plus ou moins debout mais une
fuite de gaz enflammée ravageait l’un de ses côtés. Des
touristes en sortaient les mains protégeant leur tête
des flammes. L’idée de savoir si Melody allait bien
m’obsédait plus que tout, je ne me suis donc pas arrêté.
Des fils électriques pendaient de partout, des poteaux
arrachés bloquaient le chemin, les gens me rentraient
dedans pour fuir à l’opposé d’où j’allais. Un endroit,
une des images qui me reviens encore dans la tête,
devant un bâtiment en bois encore entier, un homme se
tenait debout, criant à l’aide. Sa voix m’a marqué car
il s’est retourné dans ma direction, criant et pleurant.
J’ai vu alors qu’il avait une énorme entaille sur son
bras. Celle-ci était nette et vraiment pas belle à voir.
Je ne me suis pas arrêté. En y repensant maintenant je
me dit que j’aurais pu l’aider, lui faire une compresse,
mais j’essais de me consoler me remémorant la scène et
voyant que cette blessure ne saignait pas vraiment,
j’essais de me dire que de toute manière cette blessure
ne représentait pas un réel danger pour sa vie. Mais
j’ai quand même l’impression de n’avoir pensé qu’à moi
et à Melody. Plus loin la route était complètement
bouchée, un amas de tôles bouchait la direction du
bungalow sur plusieurs mètres de haut. J’ai du faire un
petit détour et passer vers la plage. Mais pour cela il
me fallait trouver un passage dans les décombres. Je
n’arrêtais pas de me cogner dans des choses caché sous
l’eau, je suis même tombé dans un trou me râpant le
ventre, j’avais de la boue jusqu’au épaule. Une fois
trouvé, j’ai essayé de contourner le gros tas de
déchets, tôles, pierres, bois et autres, où peu avant se
trouvaient des habitations de bois, de tôles, des
boutiques et des restaurants. Mais cela ne ressemblait
même plus à une décharge. Là, je tombais sur mon premier
corps. Une personne était déjà passée par là. Une femme
nue recouverte d’un drap gisait sur le sol. Une
thaïlandaise qui devait probablement être dans sa petite
maison de tôle quand la vague était arrivée. J’ai
continué à avancer. Certaines maisons de tôles tenaient
encore par un rien. Je suis alors tombé sur un nouveau
corps, un homme recouvert de coupures et de contusions.
J’ai essayé de prendre son pouls, voir s’il respirait
encore mais je n’ai rien senti. Il portait un short et
un tee-shirt complètement déchiré. J’ai ramassé le
premier morceau de tissu qui se trouvait être un
tee-shirt plein de boue, et j’ai recouvert son visage.
Je ne savais pas vraiment où j’étais, je voyais juste la
direction à prendre par rapport à la petite colline qui
se situait au centre de la partie habitable de l’île,
notre bungalow se trouvant à côté. Si j’avais continué à
contourner les décombres, j’aurais continué à m’éloigner
d’où je voulais aller, j’ai donc coupé dans les
décombres de tôles et de bois à un endroit où ceux-ci
étaient un peu moins entassé et formaient un mur moins
haut. Un moment je suis monté sur un toit en tôle qui
tenait encore. J’ai croisé un homme thaïlandais qui
cherchait quelqu’un en pleurant. Celui-ci a voulu
m’aider lors d’un moment ou j’avais glissé, je l’ai
remercié et lui ai dit que ça allait. Il s’est alors
éloigné. Je suis redescendu pour remonter sur un toit
cette fois ci effondré. J’ai entendu des gens m’appeler.
Ils se trouvaient dans ce qui restait d’un restaurant en
forme de bateau construit sur une des pente de la
colline. Ils m’indiquaient qu’un homme était couché pas
loin de moi. J’y suis allé. Encore un thaïlandais. Il ne
portait plus qu’un slip à moitié défait. Il était couché
sur le dos, les bras près du corps. J’ai tout de suite
essayé de prendre son pouls à sa carotide en essayant
d’écouter s’il respirait. Mais je ne sentais rien, j’ai
essayé à son poignet, mais rien. De l’eau coulait
doucement de sa bouche. J’ai donc encore posé une
oreille sur son torse pour écouter si son cœur battait
mais toujours rien. J’ai alors prit les première chose
qu’il y avait près de moi pour le recouvrir. Un sac de
sport sur son corps et une sacoche pour son visage. Je
me suis retourné vers les gens qui m’avaient indiqué où
il était pour leur dire qu’il était mort. Je les ai
entendu crier « non » et d’autre chose que je comprenais
pas. Quelques mètres plus loin, j’ai de nouveau entendu
en grand bruit sourd, j’ai regardé vers la plage et j’ai
vu qu’une autre grosse vague venait sur nous. J’ai
commencé à me dépêcher, et je ne sais pas par quel
hasard, je me suis retrouvé devant une Guesthouse solide
encore debout. Des gens criaient du balcon du premier
étage. Je ne sais pas comment je ne l’avais pas vu. J’ai
grimpé sur un petit toit à moitié écoulé et j’ai sauté
pour attraper le balcon, je me suis hissé dedans. Il y
avait une des filles qui travaillait au bar du centre.
Une autre fille était en état de choc et pleurait sans
arrêt. Quand je me suis retourné pour voir la vague, le
petit toit qui m’avait aidé à grimper n’était plus. Je
voyais l’eau qui continuait à faire tomber des maisons.
Soudain notre bâtiment bougea, un côté a même commencé à
s’effondrer. On s’est tous alors réfugiés de l’autre
côté. J’ai attendu que l’eau recommence à baisser, je
la voyais remporté des bidons et même des grosses cuves
à eau. Une fois l’eau assez retirée, j’ai sauté après
avoir remis mes tongs, j’avais les pieds assez ouvert et
tranché pour plus vouloir sentir la tôle dessous. J’ai
coupé droit sur la colline qui se trouvait à 100m de la
Guesthouse. J’ai essayé de me dépêcher, craignant une
autre vague et étant paniqué à cause de Melody. Je
voyais la petite usine qui se trouvait à côté de notre
« hôtel » encore debout mais tout le reste était
détruit. Les tôles avaient toutes été pliées comme du
papier aluminium. J’avais envie de pleurer, mais je me
suis retenu, croisant d’autres personnes pleurant et ne
voulant pas leur montrer encore plus de tristesse. J’ai
vraiment eu du mal à me retenir et certaines larmes ont
su m’échapper. Arrivé au pied de la colline, je suis
monté sur la passerelle qui relie des bungalows,
d’ailleurs ceux-ci où Melody voulait placer sa maman
pour Pâques, car ils étaient encore sympas, et pas loin
de nous. Au bout de ceux-ci j’ai du grimper par-dessus
des barbelés, sûrement pour couper les accès à ces
bungalows. Et là j’ai vu que les notre étaient intactes.
On voyait que l’eau était montée à presque 1,5m des
premiers, que la zone qui séparait les grands bungalows
au petit comme le notre était recouverte de tout
déchets, mais ils étaient tous debout. Je trouvais
Thibault, un autre plongeur du PhiPhi Scuba, celui qui
faisait sa formation divemaster avec moi. Il était assis
et me demandait ce qui s’était passé. Il pensait
simplement que des réservoirs avaient lâché. Il avait
l’air choqué. Je lui ai demandé s’il avait vu Melody, il
me dit que non. Et que cela faisait que depuis hier soir
qu’il se trouvait aussi dans cet hôtel car il y avait
enfin une place qui s’était libéré. Je l’ai laissé pour
aller quelques mètres plus loin pour voir si Melody
était là. Mais le bungalow était fermé. La peur
m’envahit. Pour moi elle devait déjà être à la plage
quand cela arriva. Je ne pu non plus plus me retenir,
j’étais en état de choc moi aussi. Je croisais plusieurs
autres membres du centre qui essayaient d’aider des gens
ou même de débarrasser un peu. Personne n’avait vu
Melody. Mais ils m’indiquèrent la direction où d’autres
membres s’étaient réfugié. Ceci vers un hôtel un peu
plus en hauteur. Je commençais à sentir toutes mes
coupures, contusions et petites blessures. Je suis donc
aller voir. J’ai trouvé un groupe de personnes, dont une
fille qui parlait français. Mais elle ne pu pas m’aider
pour retrouver Melody. Je suis retourné vers Thibault.
Lui disant que je pensais que Melody était à la plage
mais que j’avais vu l’état de cette plage et que rien ne
restait. Je lui dis que j’avais mal aux pieds et que
j’avais envie de défoncer la porte du bungalow pour
prendre mes chaussures de plage. Il me dit ne pas
hésiter. Ce que j’ai fait, la porte lâcha avant la
serrure. Et la je fut un peu rassuré, car les affaires
de plage de Melody étaient présentes. L’eau était à
peine entrée, 2 centimètres tout au plus. J’ai prit mes
chaussures et je suis sorti. Deux des membres que
j’avais auparavant vu, passèrent devant moi avec un
chariot portant deux corps de femmes mortes. Je me suis
proposé de les aider mais ils ont refusé mon aide, en me
disant de d’abord retrouver ma copine. Ils m’ont ensuite
envoyé vers un des points de vue de l’île, me disant que
beaucoup de monde s’y était réfugié. Sur le chemin j’ai
vu que des gens avaient regroupé déjà pas mal de corps.
Un thai pleurait sur le corps de sa femme. Je suis monté
au point de vue et arrivé en haut Melody s’y trouvait.
Je ne puis retenir ma joie de la voir saine et sauve et
je l’ai serré dans mes bras. Environ 1h30 s’était écoulé
depuis le début de l’incident.
Melody me présenta un jeune couple de suédois qu’elle
avait rencontré et qui l’avait soutenu en m’attendant.
Le couple n’avait pas eu de chance. Ils étaient arrivé
sur l’île peut-être une heure avant l’incident. Et
malheureusement, ayant laissé leurs passeports à la
réception, les avaient perdu.
Je voulais redescendre pour prévenir certaines personnes
avec qui j’avais parlé que j’avais retrouvé Melody, et
prendre certaines affaires au bungalow. Nous sommes donc
redescendu, Melody et moi. Malheureusement, aucunes des
personnes croisées auparavant n’étaient dans les
parages. Nous avons juste prit le strict nécessaire dans
nos affaires et sommes remonté. Au point de vue nous
avons retrouvé une des fille du centre que j’avais
croisé, Steffi, une Suisse allemande qui parle un peu
français. Elle aidait un touriste Français qui était
médecin et qui avait installé un petit « hôpital » dans
une petite cabane. Nous sommes resté un peu devant
celui-ci. Au bout d’un moment, la fille du couple que
Melody avait rencontré venait prendre des nouvelles,
nous l’avons donc suivit et nous sommes installé avec
une des couvertures que nous avions ramenées à côté
d’eux. Le couple était vraiment sympathique. Au bout de
quelques heures, des personnes recrutaient du monde pour
aller aider. Je suis parti avec eux. Pas un seul ne
parlait français. En passant devant mon bungalow, et
voyant que certains ramassaient des couvertures, je m’y
suis arrêté pour prendre les notre. Chose que quelqu’un
avait déjà fait, notre porte étant resté ouverte suite
au fait que je l’avais forcé quelques heures plus tôt.
J’ai donc profité pour regrouper nos affaire dans nos
valises que j’ai posé sur le lit au cas ou si une autre
vague devait arrivé, les deux dernières n’ayant fait
rentré que peu d’eau, s’il devait y avoir une suivante
elle pourrait être plus haute. Je suis ressorti après
cela, le groupe de personnes avec qui j’étais n’était
plus dans le coin. Je suis donc allé un peu plus loin au
milieu de ce qui avait été des petites habitations en
tôles en appelant pour essayer de trouver quelqu’un de
bloqué. N’ayant pas trop la force de revoir les choses
que j’avais vu, je ne suis pas retourné dans la partie
« village » qui était détruit. Alors pour pas remonter
les mains vides, j’ai commencé à fouiller les décombres
pour trouver de la nourriture et à boire, il devait être
14h, j’avais eu la chance de manger un tout petit truc
vers les 9h30, mais Melody n’avait rien avalé depuis la
veille. Malheureusement, tout étant détruit, je n’ai
rien trouvé pour manger. J’ai recroisé une des filles
que j’avais voulu aider et qui avait refusée mon aide
avant de retrouver ma copine, la rassurant sur ce point,
j’ai continué à rechercher quelque chose à ramener, je
suis alors tombé sur une bouteille de sprite de 1,5
litre fermé. Je l’ai tout de suite ramassé. Plus loin
j’ai trouvé un bidon d’eau de vingt ou trente litres
aussi fermé. Avec mes deux trouvailles dans les bras je
suis retourné au bungalow. Le bidon n’était vraiment pas
facile à porter. Devant un des bungalows se trouvaient
des draps et des coussins que j’ai ramassé et arrivé
devant le mien, ne pouvant plus porté ce bidon, j’ai
tout posé sur une chaise et j’ai porté la chaise. J’ai
rencontré sur le chemin un français qui travaillait dans
un autre centre de plongée. On a parlé un peu et il
m’indiqua où il logeait pour si j’avais besoin d’aide.
Je suis remonté au point de vue, j’ai déposé le bidon,
les draps et les coussins au petit hôpital de campagne
et je me suis tout de même gardé la bouteille de sprite.
A un certain moment, nous avons été rassuré de voir des
plongeurs arriver, ceux-ci étaient dans l’eau quand les
vagues étaient arrivées. Selon eux, tous les plongeurs
qui étaient soit dans l’eau, soit sur les bateaux
étaient sains et saufs. Cela nous rassura car nous
avions des amis qui plongeaient ce jour. Nous avons
passé le reste de la journée à essayer d’atteindre notre
famille en empreintant des téléphones à ceux qui en
avaient car le notre ne recevait pas de réseau, ma carte
SIM était restée dans ma sacoche qui se trouvait au
centre et en plus n’avait plus de batteries. Mais sans
succès. Un moment Melody avait réussi à envoyer un SMS,
mais plus tard nous avons appris qu’il n’était pas
arrivé. La soirée fut difficile, nous étions affamé, les
moustiques sortaient de partout, de temps en temps nous
entendions des gens crier, recherchant un parent ou un
ami. Je me rappel, qu’un français, après une journée de
recherche, avait eu l’information que son amie, ou sa
femme était saine et sauve. Il nous a poussé de grands
cris de joie. La nuit était vite tombée, heureusement
nos deux nouveaux amis avaient 4 sacs de couchage en
satin (tout fin) utile pour se protéger un peu des
moustiques. Nous avons essayé de nous endormir, après
avoir mangé un paquet de nouilles instantané que nous
avions trempé dans un peu d’eau froide. La nuit fut très
courte, car personne n’arrivait à dormir. Je me rappel
que la nuit était claire, s’était la pleine lune je
crois. Au matin, le soleil levé, nous sommes redescendu
avec le couple à notre bungalow chercher nos valises.
Nous avions entendu que les autorités allaient rapatrier
tout le monde. Nos deux suédois ne voulant pas rester,
nous avions décidé de les accompagner. Nous avions 4
valises, les deux de plongée et nos deux autres pour les
affaires personnels. Heureusement que nous étions avec
ce couple qui eux portaient des sacs au dos, car ils
nous aidèrent à les tirer ou même les porter car dans
certain endroit la route était complètement détruite. A
une interception, nous les avons attendu car ils
voulaient vérifier à leur hôtel pour voir s’ils
pouvaient retrouver leurs passeports, mais ils sont
revenus les mains vides. Nous avons continué à avancer
direction l’embarcadère avec nos valises. Un moment la
route n’étant vraiment plus, nous avons du passer par ce
qui restait de plage. Nous avons demandé à nos amis
s’ils pouvaient rester là et garder nos valises le temps
que nous allions au centre pour voir s’il y avait du
monde et pour récupérer notre matériel de plongée s’il
était encore là. Le rez était complètement détruit.
Robert, le patron du centre était là, il nous rassura on
nous disant que tout ceux du PhiPhi Scuba étaient sains
et saufs. Il nous a demandé ce que nous pensions faire,
on lui a répondu que l’on ne savait pas très bien, mais
ayant une adresse à Bangkok, que nous pensions y aller
pour se reposer, poser nos affaires et revenir pour
aider. D’autres plongeurs arrivaient. Nous sommes allé
voir notre équipement, il était encore là, sale, plein
de sable, pétrole, mélangé avec les autres au fond du
local à matériel. Nous avons presque tout retrouvé, il
me manquait à moi seulement mes bottillons et les poches
de lests de mon gilet stabilisateur. Nous avons
rassemblé le tout et laissé nos coordonnées. Nous sommes
ensuite allé rejoindre notre couple d’ami qui nous
attendait sur la plage. Sur la plage nous avons
réorganisé nos valises pour y ranger notre équipement.
J’ai du retourner au centre car j’avais oublié ma
pochette qui contenait ma carte SIM orange. J’y ai
croisé Andy un ami instructeur anglais et Fabrice qui
allaient avec une civière, chercher des blessés. Andy
était choqué, en larmes. Je leur ai dit au revoir et de
prendre mes coordonnées que j’avais laissé. Sur la
plage, Melody me dit que nos Suédois était allé à
l’embarcadère et nous y attendaient. Les 500 mètres pour
nous y rendre fut très difficile avec nos 4 valises et
nos deux sacs à dos, celle avec le matériel de plongée
elle étaient toutes très lourdes (celui-ci n’étant pas
sec). Nous devions à mainte reprise passer certain coin
valise après valise. Il fallait escalader des déchets et
ruines. Les 20 derniers mètres nous devions passer dans
l’eau. Heureusement j’ai trouver une toute petite barque
en plastique, je me rappel elle appartenait à Barracuda
divers. J’y ai installé nos 4 valises et j’ai tiré la
barque dans l’eau. Heureusement notre nouvel ami suédois
nous a aidé à tout monter sur l’embarcadère. Le soleil
tapait. Les gens se poussaient pour prendre les bateaux.
Au départ nous pensions attendre un peu qu’il y ait
moins de personnes. Au bout d’un petit moment, c’est
peut-être que le fait que nous avions chaud ou le fait
que des gens commençaient à déposer des cadavres près de
nous, nous avons décidé de rentrer dans la masse de gens
pour prendre un bateau. Ayant entendu pendant la nuit
que Phuket avait bien été touché et que l’aéroport été
plus en état, nous avons décidé de prendre le bateau
pour Krabi, comme la plupart des gens. Malheureusement
dans la foule nous avons perdu notre couple d’ami, nous
ne nous étions pas encore échangé nos coordonnées. Les
gens étaient comme des fous. Le gros rassemblement de
toutes ces personnes a fait qu’une partie de
l’embarcadère a commencé à s’écouler. Pas très facile
pour nous et nos valises. Arrivé au bout de celui-ci,
une mauvaise organisation était présente. Un moment un
bateau pour Krabi arrivait d’un côté du ponton, du coup
les gens poussaient pour y monter, certain se servaient
de leur enfant pour passer devant tout le monde, mais a
force de pousser ceux-ci, ils se faisant écraser et se
mettaient à pleurer. A chaque fois que nous arrivions
près du bateau, il était déjà plein, et le suivant
arrivait une demi heure plus tard de l’autre côté. Trois
asiatiques, voyant que nous avions de la peine à nous
déplacer nous ont aidé, l’un était chinois, un autre
coréens et le dernier des Philippines je crois. Ils
étaient ensemble pourtant, mais deux de leurs amis
avaient disparus, après les avoir cherchés ils avaient
décidés d’aller voir à l’hôpital de Krabi. Chacun des
trois prenant chacun une valise avec lui car eux
n’avaient plus rien, ni passeport ni valise ni argent.
Au bout de quatre heures au soleil, nous avons tous les
cinq enfin réussi à monter sur un bateau pour Krabi.
Dans le bateau la fatigue tomba. Je crois que nous avons
tous un peu dormi durant la traversé. Mais je ne sais
pas si c’est le fait d’être enfin dans un environnement
calme, assis plus ou moins confortablement et détendu,
mais pendant cette traversé j’ai commencé à ressentir
toutes mes contusions, coupures et blessures, surtout
sous mon pied où j’avais particulièrement une belle
coupure et sous l’autre où j’avais du me planter quelque
chose. L’arrivée à Krabi ne fut pas facile. Tout ces
gens qui nous attendaient, des médecins, infirmières,
journalistes et autres. A peine descendu du bateau
quelqu’un regardait si nous étions blessé. Voyant mes
blessures et me voyant sans doute boiter, il m’envoya me
faire désinfecter. L’odeur était horrible sur cet
embarcadère. Une odeur de mort régnait. Des bateaux
avaient déchargés énormément de corps, certain enroulé
dans des draps ensanglanté. Des occidentaux, des thai…
et des enfants. Une vision des plus horrible que je vois
encore. Comme cet odeur qui a mis plus de 24h ensuite à
disparaître de mon nez. Après avoir été désinfecté, on
nous envoya au bout du port nous expliquant que des bus
nous attendaient, soit pour aller à l’aéroport, soit
pour aller en ville. On nous expliquait que tout était
gratuit, l’hôtel s’il fallait rester ici, l’avion pour
aller à Bangkok, la nourriture, etc. Nous dîmes au
revoir et bonne chance à nos amis asiatiques en espérant
qu’ils retrouvent leurs deux amis sains et saufs. Nous
avons donc prit le bus pour l’aéroport. Arrivé là-bas,
on nous dit que vu que nous avions nos passeports, nous
devions payer nos propres billets d’avion. Ne voulant
pas nous énerver là-dessus, vu que nous avions
heureusement cette somme sur nous, nous avons payé nos
billets.
Pendant l’attente de l’avion, nous avons enfin réussi à
joindre nos familles, environ 36h s’étaient écoulées
depuis la catastrophe. Ma mère contacta son patron de
Bangkok. Il pouvait nous héberger. Il fallait l’appeler
une fois arrivé à l’aéroport. Dans la salle
d’enregistrement, l’armée était présente, elle
distribuait de la nourriture et des tongs pour ceux qui
n’avaient pas de chaussures ou qui avaient leurs
chaussures abîmées. Un homme m’a dit de choisir une
paire, mes chaussures de plage étant dans un état
lamentable. Après presque deux heures nous nous
dirigeâmes pour prendre notre avion. A la porte
d’embarquement il y avait beaucoup de blessés, en les
voyant, nous nous sommes dit que nous avions vraiment
beaucoup de chance de ne presque rien avoir. L’avion eu
1h de retard. Les premières personnes à entrer dans
l’avion furent les blessés naturellement. Une fois dans
l’avion, on nous à servi un petit encas, du poisson. Je
n’ai mangé du coup que de petits biscuits, mais
heureusement j’avais quand même mangé un peu avant la
nourriture distribuée. Il me semble que l’on s’est très
vite endormi. Le vol dura environ 1h10. Nous dormions
lors de l’atterrissage qui nous réveilla en sursaut.
L’arrivée dans l’aéroport de Bangkok ne fut pas joyeuse.
Un car nous emmena dans un hall où nous attendaient tous
les représentants d’ambassades. Un côté de ce hall était
transformé en une sorte de mini hôpital pour soigner
encore les blessés, car il y en avait partout. On a eu
du mal à se faire comprendre que nous avions nos
passeports et nos bagages. Des représentants nous
demandaient de rester sur place. Mais nous nous voulions
nous éloigner rapidement de ce lieu. Nous avons quand
même réussi à récupérer nos bagages et à trouver un bus
pour nous emmener à la sortie de l’aéroport où nous
avons prit un taxi pour nous rendre dans les
appartements où sont logé les employés de la société où
bosse ma mère.
Robert Cohen, le patron, nous a accueilli, accompagné et
fait visité l’appartement. On a peu discuté ce soir là,
car il devait être 2h du matin du 28 décembre, nous
avion très peu dormi depuis l’incident et étions crevé.
Il nous a donc laissé, on a vite prit une douche, j’ai
alors pu constater toutes mes petites blessures ; une
dizaine de petites blessures sur les jambes, un genou
bien râpé. Une belle entaille sous un pied accompagné
d’autres petites coupures et le dessus un peu râpé. Sous
l’autre j’avais du me planter quelque chose en plus
d’avoir aussi quelques petites coupures et le gros
orteil avait du être un peu écrasé à la hauteur de
l’ongle. Du ventre au torse, sur presque trois
centimètre de largeur, ma peau était aussi râpée.
J’avais aussi une belle contusion elle aussi un peu
râpée sur la hanche droite et une autre avec un gros
bleu bien noir sur la fesse gauche. Et pour accompagner
cela quelque coupures sur les doigts. Je ne sais même
pas à quel moment et comment je me suis fais la plupart
de ces petites blessures (A part la coupure sous le
pied, rien n’était profond). Après ce petit inventaire,
nous nous sommes rapidement couché. La fatigue a vite
remporté sur la tristesse et le mal être que nous
avions.
Ce texte n’est qu’un aperçut de ces deux tristes jours
que j’ai, nous avons passé. En tout cas, comme je les ai
vu. Il y manque sûrement plein d’éléments comme des
blessés, des morts ou peut-être même des rencontres ou
des personnes, de petits détails et certains évènements
de faible importances. Je le peaufinerais donc, au fur
et à mesure de mes souvenirs.
Aujourd’hui une association est en train d’être créée
grâce à la mère de Melody et grâce à la mienne. Nous
voulons rassembler divers dons pour aider les habitants
de Koh PhiPhi ayant entendu que le gouvernement n’allait
pas vraiment s’occuper d’eux. Nous savons que cela ne
leur rendra pas leurs proches perdu, que cela ne
remboursera pas leurs bien détruit, que cela sera
moindre et nous savons que jamais nous arriverons à
aider tout les survivants de ce raz de marée, mais nous
espérons apporter un peu d’aide à quelques personnes qui
n’ont plus grand chose surtout que nous, nous avons
presque rien perdu.
J’ai, tout comme Melody et je pense beaucoup d’autres
survivants, un sentiment de culpabilité. Pourquoi
certain ont tout perdu, pour beaucoup même la vie,
lorsque nous, on s’en est sorti avec presque rien ?
Cette catastrophe restera gravée en moi. J’aurais vu
plus de mort, de blessés et de tristesse, que jamais
j’aurais cru en voir dans toute ma vie. Je me sens mal
de ne pas avoir aidé certaine personne que j’ai croisé
lorsque j’allais à la recherche de Melody. Je revois
encore sans arrêt certaine personne et scène dans ma
tête. Je me sens constamment triste. Mais je me dis que
maintenant il faut tourner cette page et commencer à
aider à reconstruire.
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Photo de Melody
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